Comment j’ai troqué ma tête de digital-machin pour un casque de BTP

session-open-data-et-chantier

Si on m’avait dit que je serais employé à péter des cloisons…

Vous êtes neuf. Vous épousez une carrière. Vous aimez votre métier. Vous portez vos projets avec vos tripes. Votre boulot est cool, swag, in the move. Vous n’engraissez aucun patron, vous travaillez pour le bien de tous. Votre hiérarchie vous apprécie… Mais en fait, vous ne faites pas -exactement- votre boulot.

Ou comment je me suis rendu compte que j’aurais dû faire BTP.

Eh oui, parce qu’à bien des égards, le métier de défricheur numérique s’apparente à celui de terrassier, de défonceuse, voire de boulet de démolition. Casque de chantier sur la tête, bouclier anti-émeute bien serré devant soi, on vous la refait façon lancer de nains – vas-y mon gars on va voir ce que tu as dans le ventre. Lance-le ton chantier gamin, pose-les tes fondations, on va te monter le plan de charge, faut rester maître d’oeuvre – du BTP je vous dis !

J’en ai vu des cloisons, mais celle-là, c’est de la vraie, de la bonne !

Loin du débat entre la brique, l’ossature bois ou le parpaing, l’art de péter la cloison commence par une observation fine de l’adversaire. Je classerai l’odieux bestiaire en 3 catégories :

  • Il y a les molles, celles qu’on peut faire un peu ployer, mais gaffe hein, elles sont porteuses, souvent. Et ceux qui sont derrière sont en train de se bouffer les ongles pendant que vous la caressez à grands coups de masse bienveillante (en caoutchouc, ça fait moins mal), quitte à percer une petite fenêtre dedans. Souvent, elles sont vieilles et les fondations ne sont pas trop solides. A péter avec doigté, donc.
  • Il y a les dures, qui laissent l’observateur face à deux choix : 1 tout défoncer à grands coups de boule, façon sans-culotte. 2 contourner, laisser pourrir et regarder en rigolant. C’est long, c’est fatiguant, mais plus la cloison est dure, plus il y a de chances qu’elle brise ou marine dans son jus. Là, chacun sa méthode, il est permis (quoique dangereux) d’improviser.
  • Enfin, il y a les invisibles. On a tous la crainte de se prendre une porte vitrée en pleine gamelle alors qu’on sprinte vers la piscine après deux mojitos : blam, hosto, coupures, fractures, la fête par terre et une fenêtre avec. Ben les cloisons invisibles, elles sont bien là, et pas touche, hein, ça ferait des ravages. Des cloisons en forme de freins, comme dirait l’autre. Des bien dures, bien tenaces.

Il dit qu’il a plus de genoux…

Le concept peut paraître fumeux, mais la comparaison ne l’est pas tant que ça. Appelons ça freins, verrous, barrières, remparts, forteresses même. Ajoutons-y l’adjectif qu’on voudra, au choix selon la circonstance : psychologique, juridique, territorial, politique… Lorsque l’on connaît, que l’on analyse, que l’on étudie et perçoit l’intérêt crucial de la data, on a, tôt ou tard, une cloison à faire tomber.

Pour certains, parler avec un adepte de la donnée libre et qualifiée, c’est sans doute une expérience proche du viol. La libération des jeux de données un cambriolage. Du vrai bukkake de nonne pur jus (no offense).

Il faut tout de même admettre que le jeu se joue vite, et que le débit cérébral et administratif est moins touffu que celui de la fibre optique. Vous, votre équipe et vos managers n’avez pas troqué votre cerveau contre un modem 64k ? Vous pouvez vous estimer chanceux, la cloison est ailleurs.

C’est frustrant comme un téléchargement bloqué à 99,9%

Difficile de continuer à avancer sans passer pour un illuminé, un prophète, le genre raspoutine avec des yeux qui lancent des données et des flux en guise de veines. « Chaque effort compte », « Rome ne s’est pas faite en un jour », etc… On se galvanise comme on peut, une convention après l’autre, « baby steps » comme dirait une hollandaise de mes amies. Tout pourrait aller tellement vite, pourtant. Il suffirait d’une pichenette bien sentie dans la brèche…

En tout cas, pour péter les cloisons, les supports connectés ça sert à rien.

Tu es agitateur numérique ? Prépare-toi, tes outils en 2015, ce seront sûrement ceux là.

Sur ce, moi, je retourne sur le chantier.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s